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    "title": "Apr\u00e8s Res Nullius : repenser le statut des arbres urbains\n                                                                            ",
    "modified_at": "2026-04-28 09:17:20",
    "published_at": "2026-04-28 09:17:00",
    "url": "https://power4trees.prezly.com/apres-res-nullius-repenser-le-statut-des-arbres-urbains",
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    "body": "<p style=\"text-align: justify\">La sortie du film <a href=\"https://www.cinema-aventure.be/catalogue/movie/?9CD2473E-5FFD-44A4-01ED-0C14FE9D8C13\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Res Nullius</strong></a> de Thomas Jean (<a href=\"https://www.laminutesauvage.be/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">La Minute Sauvage</a>) que POWER4trees a soutenu est l&#039;occasion de s&#039;interroger sur le statut particulier des arbres bruxellois qui semblent osciller entre la <strong>res propria</strong> (la chose qu&#039;on peut s&#039;approprier) et la <strong>res communis</strong> (la chose inappropriable, comme l&#039;air qu&#039;on respire, relevant du bien commun).</p><p style=\"text-align: justify\">&Agrave; Bruxelles, comme dans beaucoup de villes, les arbres semblent parfois n&rsquo;appartenir &agrave; personne et &agrave; tout le monde en m&ecirc;me temps. Un marronnier align&eacute; le long d&rsquo;une voirie, un tilleul dans un jardin priv&eacute; ou un ch&ecirc;ne centenaire dans un parc public : tous rendent des services essentiels &agrave; la collectivit&eacute;. Cette r&eacute;alit&eacute; r&eacute;v&egrave;le une tension ancienne en droit et une &eacute;volution contemporaine vers la reconnaissance des <strong>communs</strong>.</p><h4 id=\"res-nullius-et-res-communis-deux-categories-classiques-du-droit-des-biens\" >Res nullius et res communis : deux cat&eacute;gories classiques du droit des biens</h4><p style=\"text-align: justify\">En droit civil (belge comme romain), on distingue traditionnellement les <strong>res nullius</strong> &ndash; les choses sans ma&icirc;tre, qui n&rsquo;appartiennent encore &agrave; personne mais peuvent &ecirc;tre appropri&eacute;es par le premier occupant &ndash; et les <strong>res communis</strong> (ou choses communes), qui, par leur nature, ne sont pas susceptibles d&rsquo;appropriation exclusive : l&rsquo;air, la haute mer ou la lumi&egrave;re du soleil.</p><p style=\"text-align: justify\">Un arbre isol&eacute;, surtout s&rsquo;il est sauvage ou non entretenu, pourrait &eacute;voquer la <strong>res nullius</strong> : il est mat&eacute;riellement appropriable (par plantation, possession ou achat du terrain). Pourtant, d&egrave;s lors qu&rsquo;il pousse en milieu urbain, sa dimension collective le rapproche des <strong>res communis</strong>. Il ne peut plus &ecirc;tre r&eacute;duit &agrave; un simple bien priv&eacute; sans cons&eacute;quences pour la communaut&eacute;.</p><h4 id=\"quand-larbre-urbain-bascule-dans-la-categorie-des-communs\" >Quand l&rsquo;arbre urbain bascule dans la cat&eacute;gorie des communs</h4><p style=\"text-align: justify\">Qu&rsquo;ils soient plant&eacute;s sur un terrain priv&eacute; ou public, les arbres urbains produisent des <strong>services &eacute;cosyst&eacute;miques</strong> qui b&eacute;n&eacute;ficient &agrave; tous les Bruxellois, ind&eacute;pendamment de la propri&eacute;t&eacute; juridique. Ces services &ndash; purification de l&rsquo;air, rafra&icirc;chissement urbain, gestion des eaux de pluie, s&eacute;questration de carbone, soutien &agrave; la biodiversit&eacute; &ndash; transforment l&rsquo;arbre en un bien commun au sens moderne du terme. C&#039;est le cas, par exemple, du Marais Bietsebroeck, enclave verte et humide au sein d&#039;un quartier fortement b&eacute;tonn&eacute;, dense et \u200b pr&eacute;caris&eacute;. Les b&eacute;n&eacute;fices de cette zone humide ne s&rsquo;arr&ecirc;tent pas aux limites de la parcelle. De m&ecirc;me, un arbre situ&eacute; sur un terrain priv&eacute; participe &agrave; la <strong>canop&eacute;e</strong> r&eacute;gionale.</p><p style=\"text-align: justify\">La notion contemporaine de <strong>communs</strong> (inspir&eacute;e notamment des travaux d&rsquo;Elinor Ostrom) va au-del&agrave; de la simple <strong>res communis</strong>. Elle d&eacute;signe non seulement une ressource partag&eacute;e, mais<strong> aussi les r&egrave;gles collectives, les pratiques et la gouvernance qui permettent de la pr&eacute;server durablement</strong>, en &eacute;vitant la &laquo; trag&eacute;die des communs &raquo; (surexploitation ou n&eacute;gligence).</p><h4 id=\"la-foret-urbaine-bruxelloise-un-commun-en-peril\" >La for&ecirc;t urbaine bruxelloise : un commun en p&eacute;ril</h4><p style=\"text-align: justify\">Outre la For&ecirc;t de Soignes, Bruxelles compte environ 230 000 arbres en gestion publique. Pourtant, loin d&rsquo;&ecirc;tre en construction, <strong>la for&ecirc;t urbaine bruxelloise est en train de reculer</strong>. La couverture v&eacute;g&eacute;tale de la R&eacute;gion est pass&eacute;e de 55 % en 2016 &agrave; environ 49 % en 2023, soit une perte moyenne de pr&egrave;s de 0,9 % par an. Parall&egrave;lement, plus de 70 000 arbres &agrave; haute tige ont &eacute;t&eacute; abattus depuis 2010 dans le cadre de permis d&rsquo;urbanisme.</p><p style=\"text-align: justify\">Cette r&eacute;alit&eacute; brutale montre que les arbres urbains, qu&rsquo;ils soient priv&eacute;s ou publics, ne sont plus seulement des &eacute;l&eacute;ments du paysage : <strong>leur destruction progressive et insidieuse menace directement la qualit&eacute; de vie des Bruxellois</strong>. Purification de l&rsquo;air, rafra&icirc;chissement des &icirc;lots de chaleur, absorption des eaux de pluie, s&eacute;questration de carbone&hellip; tous ces services &eacute;cosyst&eacute;miques s&rsquo;&eacute;rodent &agrave; mesure que la canop&eacute;e dispara&icirc;t. La For&ecirc;t de Soignes ne suffira pas. </p><h4 id=\"soigner-notre-commun-vivant-il-est-temps-darreter-la-destruction\" >Soigner notre commun vivant : il est temps d&rsquo;arr&ecirc;ter la destruction</h4><p style=\"text-align: justify\">Les arbres urbains de Bruxelles nous rappellent que certains biens, m&ecirc;me enracin&eacute;s sur un terrain priv&eacute;, &eacute;chappent &agrave; une vision purement individualiste. <strong>Res propria</strong> (appropri&eacute;e), <strong>res nullius</strong> (sans ma&icirc;tre et donc appropriable), <strong>res communis</strong> (inappropriable) : les arbres urbains semblent &eacute;chapper &agrave; la logique des biens. Comme la faune sauvage, si bien montr&eacute;e dans le documentaire de Thomas Jean, ils sont le vivant visible de nos villes. Ils habitent nos villes autant que nous. </p><p style=\"text-align: justify\">La cohabitation qu&#039;ils appellent exige des r&egrave;gles collectives, une attention partag&eacute;e et une responsabilit&eacute; mutuelle. Prenons-en soin. Prot&eacute;geons-les. Plantons-les. Ce n&rsquo;est pas seulement une question d&rsquo;esth&eacute;tique ou de propri&eacute;t&eacute;. C&rsquo;est <strong>un acte de soin envers un commun </strong>essentiel &agrave; notre qualit&eacute; de vie, &agrave; notre sant&eacute; et &agrave; la r&eacute;silience de la ville face au changement climatique. Un acte sans lequel nos arbres risquent fort de passer au statut de <strong>res derelicta</strong>.</p><p>&nbsp;</p>",
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